AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Interview de Numa MARENGO (par Thomas alias Akira)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Fisher24
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 12701
Age : 36
Localisation : Saint-Médard de Mussidan (24)
Prénom : Laurent
Date d'inscription : 20/11/2006

MessageSujet: Interview de Numa MARENGO (par Thomas alias Akira)   Lun 1 Déc 2008 - 20:09

Rappel du premier message :

Interview de Numa MARENGO (par Akira)


Thomas, alias Akira a eu le plaisir de rencontrer un grand homme de la pêche au leurre. Ce dernier lui a accordé sans problème une interview pour le forum Natural-Peche.Com

Merci Thomas pour cette interview très sympa et merci à Numa pour sa gentillesse et sa simplicité.


:arrow: Bonjour Numa, peux-tu nous dire qui tu es ?

Numa : Bonjour Tom. ça commence raide ! Qui je suis ... . Je me prénomme Numa, c’est bien mon vrai prénom, et ça n’a même pas le mérite de fournir des origines exotiques (rires).
Je suis né en région lyonnaise il y a 30 ans, où j’ai vécu la majeure partie de mon existence. Je suis rarement célibataire mais jamais à marier, et jusqu’à ce que la science prouve le contraire devant un tribunal compétent, je n’ai pas d’enfant (rires) ... .
En dehors de la pêche, je ne nourris que deux passions : la littérature et la boxe anglaise. Mais comme je suis trop vieux désormais
pour briller dans la seconde et trop « vert » encore pour me consacrer à la première, la pêche occupe une place absolument centrale dans ma vie, surtout quand je peux la coupler à mon activité favorite : voyager.



:arrow: Raconte-nous tes débuts de pêcheurs et de professionnel ...

J’ai eu la chance d’avoir un papa pêcheur. Même si j’ai très vite moins apprécié de m’y rendre avec lui, il m’a emmené très, très jeune pêcher les vairons et les goujons à la grattée, ou
les ablettes à la fourmi ailée. D’ailleurs, dès l’âge de six ans, et encore grâce à lui, je m’étais « spécialisé » : le chevesne à la
sauterelle. Je ne faisais que ça et je peux encore dire aujourd’hui que c’est sans doûte la meilleure école, surtout quand il faut par la suite pêcher le black-bass ... .

Vers 12ans, à l’occasion d’une opération où j’avais toutes mes journées à l’hôpital pour bouquiner les revues de pêche, on m’apporte un hors série de « la Pêche et les Poissons » sur la carpe ... . Grosse claque et révélation. Alors même si aujourd’hui je fustige souvent cette revue pour son clientièlisme, son suivisme
et son cynisme, à l’époque elle était vraiment en pointe et a déterminé mon cursus de pêcheur avec ce hors série. Il faut bien comprendre qu’à l’époque il n’existait rien d’un minimum fun en matière de pêche. La vieille école du
manié, du coup et des chapeaux à plume ennoyait tout dans une tiédeur terne. Je me suis donc consacré uniquement à la carpe de 12 à 17 ans. Je peux d’ailleurs dire que la pêche m’a sauvé la vie. Bon ... elle n’a pas sauvé mes études (rires), mais sans une occupation diurne et surtout nocturne comme celle-ci, je ne sais
pas où je serais aujourd’hui. De plus, le fait que j’ai quitté l’école très tôt, sans aucun diplôme, sans même le Brevet des Collèges, m’aurait mis au ban de la société si la pêche (et la lecture, il faut le dire –j’ai appris tout ce que je sais dans les livres) ne m’avait pas donné une « compétence » et une envie.

J’en veux d’ailleurs beaucoup au système scolaire. Encore aujourd’hui je ne me sens pas de lui pardonner l’ennui et la souffrance que j’ai ressenti toute ma scolarité. Sans
compter les mesquineries du corps enseignant. Je me souviens que quand on arrive au collège, les profs nous demandent de remplir une fiche de
renseignement avec la profession des parents, nos hobbies, et surtout le métier que nous voudrions exercer plus tard. Chaque fois ils insistaient pour que nous répondions avec franchise, car « il n’y a pas de sot métier ». Alors avec l’ingénuité d’un garçon de douze ans, je notais « pêcheur professionnel », voulant dire en cela « professionnels de la
pêche » (j’ignorais qu’un « pro » est un pêcheur au filet). Et bien chaque fois évidemment le prof se saisissait de ma feuille en pouffant, et devant toute la classe y allait de son ironie au sujet d’un métier qui consisterait à pêcher à la ligne toute la journée. Quand j’y repense, je me dis que s’il n’y a pas de sot métier, il peut y avoir quand même quelque métier de sot ... .

Puis à 17 ans, je fais une rencontre : Jean-Louis Bonnet. Proche de la retraite alors, et qui deviendra pour quelques années vice-président de Black-Bass France. Il me montre les leurres, le baitcasting, ... etc. Je me rends avec lui aux premières rencontres Black-Bass France, j’y croise quelques pêcheurs encore inconnus qui deviendront pour certains des amis : Tanguy Marlin, David Dubreuil,
Hiroshi Takahashi, Lionel Grou, Franck Rosmann, Ryusuke Hayashi, ... . Là, j’étais addicted !



:arrow: Quel est ton plus beau souvenir de pêche ?

C’est délicat ... . J’ai vécu tellement de choses au bord de l’eau, que même les mauvaises expériences sont devenus de bons souvenirs. La pêche est tant ancrée dans ma vie qu’avoir des
mauvais souvenirs reviendraient à avoir des remords, et ce n’est pas ma ligne de conduite. Donc, de meilleurs souvenirs que d’autres ... peut-être ma toute première carpe.


:arrow: Quel est ton matériel fétiche ?

ça, c’est une question amusante. En fait, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’aime pas spécialement le matériel. Je n’en ai personnellement quasiment pas, je me contente de tester les nouveautés. Et quand par hasard je me retrouve sans nouveautés, je pêche avec mon vieux Curado Bantam Shimano et un Sahara 3000, parce que mon Daiwa Millionaire comme mon Calcutta Shimano ont rendu l’âme ce printemps ... .

Pour moi, le matériel égal outillage. ça a une fonction, et pas de valeur affective. Ca me fait d’ailleurs sourire les gars qui ont peur que leur canne ait le verni raillé ou soit un peu sale, parce qu’ils l’ont payé très cher. A mon avis si on n’a pas les moyens de se payer une canne, c’est-à-dire les moyens de la changer en cas de casse, il vaut mieux s’abstenir et choisir un modèle moins onéreux, car sinon on pêche mal.

De même, je ne suis pas l’interlocuteur privilégié pour parler des leurres, car en France la majorité des pêcheurs utilisent des leurres durs développés pour le bass à l’étranger : des poissons-nageurs de 5 à 11 cm généralement, avec lesquels ils pêchent toutes les espèces. Or, je n’utilise presque jamais ces leurres, à l’exception des vibrations. Je pêche bigbait, jig ou leurres souples dans 85% du temps.

:arrow: Quel est ton poisson fétiche ?

J’ai envie de te répondre le bass, mais je le pêche moins. D’abord parce que j’ai connu la grande époque du black, et que ça ne m’amuse plus de pêcher des heures entières pour un bass.
D’ailleurs, je me prends des piles fantastiques par des gamins au bass, car je n’ai plus du tout la main pour ce poisson (rires). Alors, si je devais être honnête, je te dirais le brochet, et même le brochet de plus de 90 cm, car pour moi c’est presque une autre espèce et une autre pêche. D’ailleurs on me reproche souvent d’être presque déçu de prendre un brochet de 70. Mais c’est que pour moi un bec de 70 est un juvénile et j’ai le sentiment d’avoir abîmé un poisson pour rien.


:arrow: Casting ou spinning ?

Les deux mon colonel ! Bien sûr, si tu viens à la pêche avec moi, tu me verras 90% du temps avec un ensemble casting. Mais c’est simplement que la question ne se pose pas en terme de préférence. 90% du temps le baitcasting est supérieur au spinning, voilà tout. Parfois je me demande même comment on fait pour pêcher au
poisson-nageur en spinning ! Quant à poser un jig ou un texan ... . Mais quand je pêche en finesse, il est évident que je vais opter pour un ensemble spinning.
De la même manière, je ne suis pas obtus : en grands lacs comme en mer, si j’ai besoin de lancer très loin, je vais prendre un tambour fixe. Nécessité fait loi. Pas de snobisme ou de « préférence », juste comme je l’ai dit plus haut des outils à notre disposition. Et il est vrai que le baitcasting est le meilleur outil à disposition du pêcheur aux leurres.



:arrow: Parles-nous un peu de Predators

Predators est en fait le projet un peu fou d’une maison d’édition un peu à part. Un peu d’histoire ... .
Au début des années 80, une poignée de carpistes de la première heure (et à la
première heure !) fonde un groupement carpe au sein de la Fédération Française de Pêche au Coup. Le but était de faire pression sur les instances pour obtenir la pêche de nuit. Parmi eux, Stéphane Gonzalez, un très jeune adulte encore plongé dans ses études, qui confectionne sur-mesure un organe de communication à ce groupement : Media Carpe. Le succès est immense pour cet opuscule gratuit et interne. Puis une autre revue apparaît en kiosque et s’attache à discréditer ce groupement, pour essayer de capitaliser le lectorat carpiste. Aussitôt, un homme, Bernard Rivaux, décide une contre-attaque et rachète à prix d’or Media Carpe au groupement carpe de la FFPC, afin de placer
le titre en kiosque. Il quitte son travail et se consacre corps et âme à Media Carpe. Quelques années plus tard, Stéphane Gonzalez est devenu le rédacteur en chef de cette revue mais aussi d’un second titre (Top Carpe), il est aidé par un adjoint trouvé dans l’ornière, moi (rires), et Bernard Rivaux est décédé.
eBoo, la société éditrice, est alors le seul groupe de presse entièrement détenu et dirigé par des pêcheurs ... .

Or, ce qui a fait le succès de la carpe dès les années 80, c’est la réunion de trois facteurs : le cheptel, les médias, et l’offre en matériel. Au tout début, il y avait bien sûr des carpes, il y avait aussi Media Carpe, mais les industriels n’y croyaient pas et il manquait l’offre matériel. Quand celui-ci est arrivé, la pêche de la carpe a explosé. Dans le carnassier il y a trois ans, c’était tout l’inverse :
nous avions du poisson ; des leurres et du matériel il y en a toujours eu, mais aucun média ne portait la parole de la pêche aux leurres. Stéphane Gonzalez m’a alors demandé si j’étais partant pour faire un mag carnassier. Je
pense qu’il ne savait alors absolument pas quel pouvait être le contenu de ce mag, car lui comme les autres n’avait pour référence que le piètre contenu existant. Je lui ai dit : « ok, mais je fais le mag que j’aimerais lire, ni plus ni moins ». Il m’a tapé dans la main et Predators voyait le jour.

Je ne me suis posé que très peu de questions : j’ai commencé à appeler les copains. Surtout ceux qui n’avaient jamais écrit. On a déliré sur la maquette et tout cela s’est fait
dans une ambiance un peu ... tu vois ... l’Echo des Savannes. En fait ce qui nous a le plus surpris c’est que ça a marché tout de suite, et plus incroyable encore, depuis trois ans la pêche aux leurres suit une courbe exponentielle, toute la presse a embrayé derrière nous. C’est génial !

Aujourd’hui nous essayons de ne pas perdre notre âme, notre côté « p’tits cons », mais aussi haut de gamme. C’est un mix difficile à obtenir, et parfois nous tombons à côté, mais je sais que le lectorat nous pardonne toujours, parce qu’il sent que Predators et Predators Mer sont des revues de pêcheurs, ça sent le poisson et la bonne humeur.


:arrow: Parles-nous du F.I.S.H.

Le FISH est né un peu comme Predators, presque à un coin de comptoir. Un jour, un coup de colère, j’ouvre une discussion sur le forum de river-predators.com intitulée « et si on
foutait le bordel ? ». Dès le départ, on s’est dit : on va faire un truc de gars énervés pour protester contre tout ce qui ne va pas dans la
pêche et sa gestion. Pas d’association, pas de cotisation, d’ailleurs on ne sait pas très bien ce que FISH veut dire (Fight for Fish ? Front
d’Intervention pour la Sauvegarde Halieutique ?), et on s’en fout. C’est un cri de ralliement, un peu comme « no pasaran ! » ou
« amok ! ». Il n’y a pas d’organisation, pas de chef, juste une idée en tête : ça suffit. Alors on tire un peu tous azimuts, sans se soucier de ce qui marchera ou pas. L’idée c’est de dire : on est tous là à râler à l’apéro ou derrière nos ordi mais nous ne faisons jamais rien de peur que ça ne marche pas ou que ce ne soit pas ce qu’il faut faire. Donc là c’est l’inverse : on agit, sans se soucier du reste. Mais d’un autre côté, il faut garder la tête froide : le FISH c’est comme le gangstafishing, c’est un truc décalé, une création Predators, presque une sale blague. Donc on gère ça à la cool. C’est un état d’esprit plus qu’une véritable préoccupation quotidienne. Au final, c’est devenu fourre-tout : quand on a envie de dire
un truc ou de passer à une action, on colle dessus l’étiquette FISH, et c’est parti. Ainsi, le truc est complètement transversal : il y a des gens de BBF, de Carnavenir, de Predators, de Pêche au Bar, de l’ASPBN, ... etc.

____________________________
Cliquez sur la bannière ci-dessous pour voir les nouvelles photos :
Laurent Cornu - View my recent photos on Flickriver
Ma galerie Flickr


Dernière édition par Fisher24 le Lun 1 Déc 2008 - 20:36, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://fisher24.skyblog.com

AuteurMessage
christophe43
Silure
Silure
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2034
Age : 48
Localisation : langeac (43)
Prénom : christophe
Date d'inscription : 07/03/2008

MessageSujet: Re: Interview de Numa MARENGO (par Thomas alias Akira)   Ven 20 Mar 2009 - 20:14

Akira a écrit:


qui c est qu a de la chance ?


le brocheeeeeeeeeeeeeeeeeet !!!!!!!!bouley3 aussi!
Revenir en haut Aller en bas
Mepps 2
Carpe
Carpe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1266
Age : 32
Localisation : Charnay les C. (71)
Prénom : Julien
Date d'inscription : 22/06/2008

MessageSujet: Re: Interview de Numa MARENGO (par Thomas alias Akira)   Ven 20 Mar 2009 - 21:42

Akira a écrit:
et si je vous dis que maintenat c est une tres grande amies ?

qui c est qu a de la chance ?

en plus d etre tres jolie et tres bonne pecheuse c est une fille extra wink

Adoptes moi ! bouley3
Revenir en haut Aller en bas
carnator
Brochet
Brochet
avatar

Masculin
Nombre de messages : 825
Age : 20
Localisation : l'oouest
Prénom : Maxime
Date d'inscription : 11/10/2008

MessageSujet: Re: Interview de Numa MARENGO (par Thomas alias Akira)   Sam 21 Mar 2009 - 8:24

et voici une interview de Nelly.

http://www.lcfriend.com/articles.php?lng=fr&pg=165
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Interview de Numa MARENGO (par Thomas alias Akira)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Interview de Numa MARENGO (par Thomas alias Akira)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Interview de Numa MARENGO (par Thomas alias Akira)
» Thomas, alias Bastabor, nouveau sur Nazca Paseo, à Orléans
» Pantalon Technique
» Thomas Combezou rejoint le SUA
» Salut à tous de la part de AKIRA un appenti pilote

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Natural-Peche.Com :: Divers :: Articles divers-
Sauter vers: