Rappel du premier message :La plongée & la pêche de la carpe
De l'autre côté du miroir
Dans notre pêche, la plongée est d’une utilité évidente. Nous nous basons sur beaucoup de suppositions, d’hypothèses sans forcément imaginer de manière exacte ce qui se passe sous l’eau. Nous parlons souvent de « taches » de gravier, de cassures, de zones caillouteuses, d’obstacles, et notre imagination nous permet d’imager ces termes et de visualiser le relief aquatique. Mais à quoi cela ressemble vraiment sous l’eau ? Personnellement, c’est quand même bien différent de ce que j’imaginais ... .
L'utilité de la plongée pour la pêche de la carpe :La plongée nous permet donc d’observer, de repérer, de vérifier, de placer (ses montages), d’amorcer, de « toucher », de « décoincer » (lignes ou poissons), et sans aucun doûte de mieux « comprendre ». L’observation du monde subaquatique est passionnante : se faufiler au milieu des massifs d’herbiers, longer une roselière, nager au dessus d’une « clairière » de gravier, ou encore descendre en profondeur pour suivre une cassure sont autant de souvenir gravés dans votre mémoire. Et si par chance, vous vous retrouvez au milieu d’un banc de carpes, alors là c’est sensation garantie !
Après avoir franchi le miroir, je pense qu’on voit la pêche d’une autre manière, et que notre approche diffère. Le fait d’aller observer les spots avant de pêcher permet de se faire une cartographie dans la tête, et je trouve cela vraiment utile. On peut ainsi visualiser parfaitement le milieu dans lequel la carpe évolue, connaître la nourriture naturelle présente, les zones d’alimentations et de tenue, et pourquoi pas repérer le cheptel quand cela est possible. Un banc de graviers repéré en sondant avec un marker s’avère parfois être une zone de vase molle. Le gravier décelé grâce au plomb se trouve en faite 30 cm sous la couche de vase molle (une sorte de soupe), qui est indétectable depuis la berge, mais qui, si on connaissait sa présence, changerait complètement notre approche.
La dépose de ses montages est, après l’observation (après car la dépose découle de cette observation) le principal atout de la plongée. Qui dit plongée dit eaux claires et donc discrétions visuelle. Pouvoir enfoncer son plomb dans le substrat, camoufler son corps de ligne sur plusieurs mètres, plaquer son bas de ligne et placer l’appât exactement comme on veut (c’est à double tranchant, après on a tendance à devenir trop perfectionniste : replonger pour enlever tel petit cailloux qui était un peu trop près de l’hameçon, etc ...). L’amorçage est extrêmement précis, chaque particule peut être placée tel que l’on veut. On en profite également pour repérer les obstacles alentours qui pourraient se révéler dangereux pendant le combat. J’ai plusieurs fois fait le test suivant : lancer une ligne depuis la berge sur un spot précis repéré en sondant, puis aller voir comment est présenté le montage, et sur quoi est il vraiment tombé. Je peux vous assurer qu’après ça, vous remettez toute la discrétion de votre montage en question. Le seul substrat ou on peut espérer être vraiment discret est la vase, car le plomb et le lead-core (si il y’a un back-lead volant derrière) s’y enfonce et sont donc camouflés. Sur le fond vaseux il y’a en permanence de la matière en suspension en celle-ci se dépose sur le montage. D’un côté ça le camoufle encore plus, mais de l’autre, il faut faire attention à ce que l’appât ne soit pas recouvert (bien que les carpes le trouveraient probablement, il est sans doute préférable d’avoir une esche au dessus du substrat, plutôt que dedans). Donc à part dans le cas d’un fond un peu vaseux, en général la présentation d’un montage placé autrement qu’en plongée, est très médiocre. Le pire, c’est quand il y’a des herbiers. Plusieurs fois, j’ai vu le plomb posé au fond, vu le fil partir quasi verticalement vers la surface : il s’était simplement accroché à un herbier, ensuite le fil replonge vers le fond où il touche d’autres herbes, pour remonter ensuite, etc... . Le corps de ligne fait des zigzags quand il passe au-dessus ou dans les herbes. Là, la discrétion est nule et les lead-core, anti-emmêleurs, back-lead volants, etc ..., ne servent pratiquement plus à rien. Après, bien sûr qu’on déroule même avec une présentation médiocre. Mais le but est d’améliorer en permanence ses rendements et il est tout à fait possible qu’un fil qui traverse le spot presque à la verticale car il est passé dans un herbier, gêne certains poissons plus méfiants que d’autres. Avec la plongée, plus aucun problème de ce type.
Plonger augmente t-il réellement les résultats ? Avec la plongée, il n’y a pratiquement plus d’incertitudes telles que « mon montage est t-il pêchant ? Est-t-il discret ? Le spot est régulièrement visité par les carpes ? ». La seule incertitude qui demeure vraiment est le passage d’une ou des carpes dans un futur proche. Pour certain, à ce stade là ce n’est plus de la pêche et c’est « trop facile ». Le mérite se mesure, normalement, à l’effort fourni pour arriver au but. L’utilité de cette discipline est donc évidente, et il est aisé d’observer que la plongée augmente l’efficacité, et donc logiquement les résultats.
Personnellement, dans les endroits où j’ai plongé j’ai constaté une hausse du nombre de départs. Mais de là à dire qu’il faut plonger tout le temps et partout dès que l’eau est claire et que les conditions le permettent, il y’a un pas que je n’oserai pas franchir. Le fait de « s’immerger » dans le milieu aquatique ne résous pas tout, heureusement, et la plongée n’est pas non plus la solution miracle qui permet de faire exploser ses résultats. Il y’a même des fois où il est bien plus judicieux de ne pas la pratiquer, notamment parce que cela prend du temps et que barboter là où les poissons sont censés venir n’est pas forcément bénéfique !
La plongée : une pratique accessible à tous ?Au niveau des aptitudes, il n’y a pas de grosses contre-indications. Il faut être en bonne condition physique, avoir du souffle (pour les gros fumeurs et les asthmatiques, il y a mieux comme activité) et être à l’aise dans l’eau. J’aurais bien rajouté, « ne pas être trop peureux » mais personnellement je suis un grand angoissé avant et pendant la plongée. Il faut être assez endurant : poser 4 lignes à 80m du bord dans 6m d’eau demande un effort certain. Les crampes, sinusites, narines bouchées, otites, etc. sont bien sûr les ennemies des escapades subaquatiques.
Le matériel nécessaire :Pour le matériel, tout dépend évidemment des conditions de pratique. A certains moments, il se limite à une paire de palmes, un masques et un tubas, un couteau et un maillot (enfin ça, ça dépend de chacun !!). A contrario, quand l’eau est froide, il faut rajouter à cette liste une bonne combinaison avec cagoule, une paire de gant, des chaussons, et une ceinture de plombs. Dans un magasin tel que décathlon, vous trouverez tout ce qu’il faut pour s’équiper.
Pour
le masque, rien de bien compliqué : il faut qu’il puisse tenir sur votre visage sans passer la sangle derrière la tête, donc par simple effet ventouse.
Au niveau du
tuba, ils sont souvent équipés d’un évacuateur d’eau (plus ou moins efficace) ; il faut aussi qu’il soit assez rigide au niveau du coude. Il faut compter une petite trentaine d’euros pour un masque et un tuba correcte, ou une bonne soixantaine si vous décidez de monter en gamme (voire plus). Au début j’ai commencé avec un masque premier prix, mais la sangle s’est rapidement rompue, et un des deux verres du masque s’est désolidarisé ; donc autant prendre quelque chose de solide dès le début. Pour ce qui est de la vision, c’est en fonction des préférences de chacun. Depuis que j’ai essayé avec un masque en un seul verre, je ne m’en passe plus. Il permet d’avoir une bonne vision panoramique. Les masques avec deux verres sont eux, plus adaptés à une vision verticale. Les bords latéraux du masque peuvent être transparents ou opaques. Les premiers apportent un peu plus de luminosité à la vision.
Pour
les palmes, les plus adaptés pour nous sont celles destinées à la chasse sous-marine. Elles sont très longues, et plus ou moins souple en fonction des modèles. Ces palmes permettent de parcourir de longue distance sans trop se fatiguer, et de plonger/remonter assez facilement. Ce type de palme se porte normalement avec des chaussons néoprène. Leur épaisseur varie en fonction de la température de l’eau (en général entre 2 et 5 mm).
En dessous d’une certaine température,
la combinaison devient obligatoire, même si personnellement je l’enfile toute l’année car en simple maillot de bain, je suis mal à l’aise sous l’eau. Plus elle sera épaisse, plus elle sera chaude, flottante et chère. Elle peut être en deux parties, salopette et veste, ou en une seule. J’ai opté pour une combinaison en deux parties car c’est bien plus facile à enfiler, mais d’après les connaisseurs, les meilleurs sont les combinaison en une pièce, car l’eau rentre très peu. Ma salopette fait 4,5 mm d’épaisseur sauf sur le buste et le dos : 5,5 mm, et la veste 4,5 mm sur les bras et la cagoule, et 5,5 sur le thorax. Au niveau du tronc, ça fait une épaisseur de 11 mm, donc on comprend pourquoi la ceinture de plomb est conseillée. Dans une eau à 10-12°, on ne ressent quasiment aucune sensation de froid (sauf évidemment en entrant dans l’eau, quand celle-ci pénètre au niveau des pieds, mains et du cou. Et également quand on palme très rapidement, on a un peu froid au front et aux joues). Pour descendre en dessous de ces températures, une combinaison 7 mm est plus adaptée. De toute façon, nous sommes en perpétuels mouvements, donc le corps se réchauffent aussi de lui-même. Bien sûr à partir de 4mm, pratiquement toutes les combinaisons sont équipées de cagoule, la tête étant la partie du corps par laquelle on perd le plus de chaleur. Au niveau de gants, c’est comme les chaussons : de 2 à 5 mm en général. J’ai une paire de 3 mm et ça tient vraiment chaud !
Qui dit combinaison dit
ceinture de plombs, sauf si on se contente de « randonnées aquatiques » en observant les fond depuis la surface ; mais il faut que l’eau soit suffisamment claire et que la profondeur ne soit pas excessive. Au début, je n’osais pas trop descendre, et vu que là où j’allais l’eau était assez limpide et les profondeurs d’environ 3m, je n’ai jamais eu besoin de descendre (pour placer les montages je les lâchais sur le spot). Par contre, dès qu’on veut camoufler ses montages ou voir ce qui se passe dans une certaine profondeur d’eau, il devient indispensable de descendre. Pour cela il faut s’attacher une ceinture lestée au niveau de la taille. Elle se présente sous la forme d’une ceinture normale sur laquelle on enfile des plombs de 0.5, 1 ou 2 kg. Il n’est pas nécessaire d’en mettre des tonnes pour se rééquilibrer, le but étant de redonner au corps sa densité originelle. Pour ma combinaison deux pièces de 4 et 5 mm, 3kg me suffisent. Ca permet de ne pas trop forcer pour plonger et donc de ne pas se fatiguer, mais il ne faut pas que vous lutiez pour vous maintenir à la surface quand vous remontez !
Pour le budget, c’est tout de même un petit investissement. Bien sûr, vu que nous ne pratiquons pas l’apnée de manière intensive, pas besoin d’un matos de pro. Décathlon est sans doute le magasin le plus adapté pour s’équiper. Pour une bonne combinaison il faut compter entre 120 et 200€ (j’ai payé la mienne 140, mais à la fin de l’année, ils bradent les combinaisons non vendues pour laisser place aux nouveaux modèles. Elle est donc passée de 140 à 110€). Les palmes : entre 40 et 80€ (les Challengers grises sont un très bon modèles, à 50€ mais souvent bradées à 40), et pour les chaussons une quinzaine ou vingtaine d’euros (pareils pour les gants). Pour le masque et le tubas, comme dit plus haut, il faut compter une trentaine d’€ chacun pour quelque chose de fiable (ou un peu moins pour le tubas, environ 20€). Les couteaux les moins chères sont à 20€, la ceinture de plombs c’est 5€ et chaque poids de 1kg est à 7€. Il faut donc compter plus de 300€ au total. Certes, ce n’est pas donné, mais comparé à un bait-boat, ou un bateau, c’est peu ! Et puis sensation (et normalement résultats) garanties !!
Les limites de la plongée :Bien sûr, la plongée à ses limites : ça va être dur d’aller voir tous les fonds d’un grand lac, alors qu’avec un échosondeur il y’a possibilité de sonder de grandes surfaces assez rapidement pour avoir une idée. Mais quand les conditions le permettent, on peut tout à fait jouer le rôle d’échosondeur ! Pour cela, il suffit d’être deux : un dans l’eau et l’autre dans le bateau. Le plongeur s’accroche au bateau et se fait traîner la tête sous l’eau, et si l’eau permet une bonne visibilité, il est tout à fait possible de voir jusque dans 5m d’eau ! Dès que l’homme grenouille voit un truc intéressant, il arrête le bateau, plonge et voit si y’a quelque chose à faire ou non. C’est une méthode qui permet de « sonder » de grandes zones sans trop d’efforts et assez rapidement !