La fraie, ça m'effraie
Vendredi midi, je décide à l'arrache de partir en session pour le fameux lac de Lygraic, bien connu des participants de l'intersites. Je prévois d'arriver en début de soirée pour repartir dimanche dans l'après-midi.
Je contacte Didier (Pêch-cailloux) pour savoir si ça l'intéresse de me rejoindre. Il tient une bonne crève, mais c'est sans hésitation qu'il viendra avec son fils Yohan pour pêcher la première nuit avec moi.
D'après les informations que je possède, ce lac de 20 ha que je vais découvrir est poissonneux tant en carnassiers qu'en belles carpes. Mais la pêche est relativement technique puisque les fonds varient de 2 mètres en queue de lac, jusqu'à 8-10 mètres en digue.
De plus, en queu de lac, de nombreux arbres immergés pointent leur cime, au-dessus de l'ancien lit de la rivière ... constituant ainsi un repère inespéré pour les poissons.
Bref, la pêche ne s'annonce pas facile, surtout en cette période de fraie. Mais j'ai bien envie de relever le défi.
J'arrive sur place vers 18h00 et je découvre une magnifique étendue d'eau.
Je décide de m'installer proche de la première queue de lac en espérant trouver des profondeurs moins importantes qu'au niveau de la digue. Je mise sur le fait que les poissons passent par là pour aller frayer.
Le poste que je convoite est pris par un pêcheur de carnassiers. Mais la place est grande. Après avoir échangé quelques formules de politesse et récoltés quelques informations de plus sur les lieux, je demande donc au pêcheur si je pouvais m'installer à côté de lui pour pêcher la carpe. Lui pêche à 15-20 mètres du bord et mes lignes à carpes ne le dérangeront sûrement pas. Il accepte volontiers mais me prévient : "
Oh il n'y a pas assez d'eau pour pêcher la carpe ici ! Vous devriez aller plus près de la digue !"
Je commence par faire un sondage en bonne et due forme à l'aide de mon marqueur-sondeur : et je m'aperçois qu'il y a 3 mètres d'eau en bordure et 5 mètres d'eau au milieu du bras. Le pêcheur m'apprendras plus tard ne rien y connaître en pêche de la carpe ... . J'en profiterai donc pour lui donner quelques explications : le principe de fonctionnement du détecteur de touches, la technique du sondage, les appâts moderne (lui était resté encore au bon vieux maïs et ne connaissait pas la bouillette), mes montages (le principe du cheveu lui était inconnu), ...etc. Bref, tout ça lui paraît bien compliqué et limite surnaturel. Finalement le pêcheur de sandres partira avant même que j'installe ma première canne.
Au niveau des appâts, j'utiliserai essentiellement des bouillettes au scopex que j'équilibrerai à l'aide d'une rondelles de liège ou d'une petite pop-up (bouillette flottante). Ma dernière canne sera toutefois eschée de noix tigrées équilibrées que je placerai en bordure.
Didier et Yohan arriverons vers 20h20. Mes cannes étant toutes en place, je les aiderai à placer leurs lignes en recherchant les tâches de graviers.
Puis, la fraîcheur arrivant assez vite, nous irons rapidement nous coucher, sous un concerto pour grenouilles !
Toute la nuit, nous entendrons également les carpes frayer. La pêche semble mal engagée. Mais à 3h du matin, Yohan nous remonte le moral avec un départ franc sanctionné par un ferrage efficace. Après un combat sympathique, c'est une belle commune de 6,1 kg qui viendra poser devant les objectifs des photographes

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Yohan qui débute dans cette pêche est content de battre son record. Remarquez sur la photo la belle tête de vainqueur !
Le reste de la nuit sera bien calme.
Il est 7h15, le jour se lève, le brouillard est encore présent à la surface du lac ; c'est le moment de prendre une ou deux belles photos :
Plus tard dans la matinée, Yohan et moi partons faire le tour du lac pour pêcher le carnassier au leurre. Si les carpes ne sont pas coopératives, peut-être que les brochets le seront plus.
Le parcours nous offre un nombre impressionnant de postes intéressants : herbiers, souches, arbres immergés ou couchés dans l'eau, cassures, ... etc, mais pas un seul carnassier ne sera mis au sec. Par contre, au cours de notre balade, nous verrons une bonne centaine de carpes frayer dans les herbiers, parfois à moins d'un mètre du bord. Notre présence n'a pas l'air de beaucoup les inquiéter et c'est un balai incessant auquel nous insistons. Bizarrement, nous ne verrons que de petites communes (moins de 6-8 kg je pense) alors que le lac compte normalement un bon nombre de poissons de plus de 10 kg. Malheureusement, impossible de prendre une photo potable de la fraie à cause des reflets. Toutefois, voici quelques beaux clichés de ces zones de frayère :
Didier et Yohan repartent vers 12h15. Quant à moi, j'écourterai ma session par rapport à ce que j'avais prévu. En effet, je décide de ne pas rester pour la deuxième nuit et lève le camp en début d'après midi. Voir autant de carpes frayer fut un magnifique spectacle mais ça m'a complètement découragé. Mais je me promet de revenir un jour sur ce magnifique lac, dans des conditions un peu plus favorables.
En bonus, voici une petite vidéo des carpes en train de frayer à 3-4 mètres de nous (mettez le son pour entendre les oiseaux et les éclaboussures) :
J'espère que ce récit vous a plu.
A bientôt.
Lolo.